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Deux métaux différents, de l'eau qui les relie, et la pile est formée. Le métal le moins noble devient l'anode et se dissout ; l'autre, la cathode, est protégé. C'est la corrosion galvanique. Elle explique les rivets d'aluminium rongés sur un bardage inox et les vis zinguées qui rouillent sur un châssis en acier inoxydable. Cet outil vous dit, pour un couple donné et un environnement donné, si le contact est acceptable, quel métal paiera, et comment couper la pile.
Comment l'outil juge un couple
Chaque groupe de métaux reçoit un indice anodique, en volts. Le tableau vient de la spécification de finition américaine MIL-F-14072, reprise dans la plupart des guides de conception. L'or est à 0 V, l'inox à 18 % de chrome à 0,50 V, l'acier ordinaire à 0,85 V, le zinc à 1,25 V, le magnésium à 1,75 V. Plus l'écart entre deux métaux est grand, plus la pile est forte.
L'écart admissible dépend de l'humidité et du sel :
- environnement sévère (extérieur, air salin, forte humidité) : 0,15 V au plus ;
- environnement normal (entrepôt, atelier non régulé) : 0,25 V ;
- environnement contrôlé (température et humidité régulées) : 0,50 V.
L'outil compare l'écart à la limite. Dans la limite, le couple est compatible. Au-delà, mais sous 0,50 V, il est à protéger. Au-delà de 0,50 V, il est à éviter partout.

Le facteur que l'on oublie : les surfaces
À écart égal, le rapport des surfaces décide de la vitesse d'attaque. Une petite anode face à une grande cathode concentre tout le courant : c'est le rivet d'aluminium dans une tôle inox, qui se dégrade vite en extérieur. À l'inverse, une vis inox dans une grande tôle d'aluminium répartit le courant sur une large surface : l'attaque existe, mais lentement. L'outil traite ce rapport comme un facteur aggravant ou atténuant.
Mode d'emploi
- Choisissez les deux métaux : la pièce et sa fixation, la structure et son habillage.
- Indiquez l'environnement réel d'usage, pas celui du montage en atelier.
- Précisez si le métal le moins noble a une petite ou une grande surface mouillée.
- Lisez le verdict et les parades, puis copiez le résultat pour votre dossier de conception.
Exemples
Vis inox A2 dans une tôle d'aluminium 5083, en bord de mer. Écart de 0,40 V pour une limite de 0,15 V : couple à protéger. L'aluminium se corrode, mais sa grande surface ralentit l'attaque. Rondelles isolantes et mastic sous tête sont la parade habituelle.
Rivet aluminium dans une tôle inox, même environnement. Même écart, mais la petite anode aggrave tout. Changez de rivet : un rivet inox règle la question.
Acier non allié et inox 304 en entrepôt. Écart de 0,35 V, limite de 0,25 V : à protéger. En salle régulée, le même couple devient acceptable.
Acier galvanisé et cuivre. Écart de 0,85 V : à éviter, quel que soit l'environnement. Le zinc se sacrifie très vite au contact du cuivre.
Hypothèses et limites
L'indice anodique est une grille de conception. Il ne tient compte ni de la température, ni de la chimie exacte de l'eau, ni de l'état réel de la couche passive d'un inox. Un acier inoxydable mal passivé se comporte moins bien que son groupe. Pour une pièce critique ou immergée, un essai en conditions réelles reste la seule preuve.
Couper la pile
Trois leviers existent, à combiner : isoler électriquement les deux métaux, revêtir le métal noble ou l'ensemble, empêcher l'eau de stagner à la jonction. Le guide protéger l'acier contre la corrosion compare les revêtements. Les pages passivation de l'inox et anodisation de l'aluminium détaillent deux traitements qui améliorent la tenue de chaque métal. Pour peindre une structure galvanisée, voyez le système duplex.
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Photos : Eve R sur Pexels.





